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Dans cet instant

Le 19-07-2008 à 19:22

soleil sur le plancher

Il y avait le soleil.
Et mille choses qui m'agaçaient.
Le soleil doux, en début de soirée.
Des petits tracas, et un ou deux gros soucis.
Le soleil qui caressait la peau, en sortant du bureau.
Du genre qu'on partage et du genre qu'on garde pour soi aussi; un peu des deux.
Le fleuve qui reflétait sa lumière alors que moi, je traversais le pont.
Des petits spleens, des envies d'être deux, des gros stress, des choses sérieuses qui ne marchaient pas.
La chaleur sur mes avant-bras, dans une petit brise fraîche et un ciel complètement bleu.

Il y avait tout ça : les envies déçues et celles réalisées, le boulot, la pression, les bons et les mauvais moments, les amants présents et les anciennes amours, les amis toujours et le soleil qui me rendait léger, qui m'aurait consolé de n'importe quoi, mais qui n'a pas eu besoin, de sa douce présence sur ma peau alors que je passais le pont, en rentrant du bureau.

Tout l'été tient là.

Le bonheur au couteau

Le 06-07-2008 à 22:31

soleil couchant

Je rentrai hier soir, le sourire à la bouche, des bulles de champagne plein les veines. Je sentis l'odeur du métro s'échapper de l'escalier, clos en bas par une grille. J'étais bien.

J'ai eu envie de l'écrire, comme une texte au couteau. Rien ne coule de source. Ce qui coule c'est l'alcool, qui me révèle moi, joyeux, et sociable - enfin parfois. Qui m'ôte la peur, celle des gens / enfin déjà de ceux envers qui je n'ai aucune intention. Celui qui me rend lucide aussi, quand vient la fin de soirée, seul.

C'est l'été qui commence, je suis heureux dans la fête et dans le bruit. J'attends le calme du mois d'août pour voir si ça tient toujours.
J'attends de l'être au soleil des vacances, à la tranquillité des livres et des amis. J'attends le test du fragile équilibre qui peu à peu s'instaure.
J'attends de le partager.

  • De : Chondre le 07-07-2008 à 17:24
  • Des bulles de champagne plein les veines : Quelle décadence.
  • De : Nicolas Bleusher le 13-07-2008 à 16:48
  • L'alcool finit assez vite par m'endormir. Ou par me donner l'envie d'un oreiller frais et d'une bonne grosse couette. Ce qui revient au même.
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Combinaisons

Le 14-06-2008 à 02:10

ombres sur la page

Quelle raison pour que ça tombe comme ça un jour, que l'alcool joyeux, pour de vrai, pas une façade en plus - la vraie joie - cache un trou dans la muraille ?

Quelle chance pour qu'il pleuve à verses en plein juin ?

Quelle probabilité pour que tous les trains dans lesquels je monte depuis trois jours s'arrêtent au milieu de nulle part, que l'un d'eux me ramène de mon ancien travail où j'avais une réunion, et qu'assis sur le strapontin je puisse regarder l'un des plus beaux garçons que j'aie jamais vu, sans même qu'il s'en aperçoive ?

Quelle raison pour que j'observe les ombres projetées par les graffitis rayés sur les vitres d'un RER projetées sur mon livre se déformer et m'enchanter comme des caractères d'un alphabet inconnu ?

Quelle futilité qu'un épisode d'une série anglaise coïncide avec le début du combat, pour redevenir social et joyeux, pour que l'enfant chétif et blessé se relève et regarde devant lui à nouveau ?

Quel soulagement d'entrevoir que dans un jour, peut-être une semaine, le monde aura tourné, dans un enchaînement de millions d'instants improbables, de leur combinaison chaotique, et que j'y serai à nouveau souriant et joyeux.

http://henrisson.net/ - henri (at) henrisson.net