top banner

Je ne sais plus

Le 23-03-2009 à 00:23

une pousse

Je ne sais plus écrire ces temps-ci. Je pensais tenir quelque chose, et puis je ne sais plus. Je ne sais plus grand chose d'ailleurs. Je ne sais plus quoi penser, en général, de tout.

Je crois bien, que je ne sais même pas si là, je vais bien ces temps-ci. Tout change très vite dans ma tête, en quelques minutes, le temps de passer au morceau suivant, le temps que la sélection musicale prenne un mauvais tournant, ma tête se mets à l'envers. C'est comme une boule en plastique avec la tour Eiffel, de l'eau et des petits flocons qu'on agiterait en permanence. Une marionnette manipulée par des scénaristes qui ne savent pas ce qu'ils veulent.

Je marche dans la rue au soleil, je suis léger, rien ne me fait peur. Au tournant de la rue je peux être face à une montagne insurmontable, accablé du poids du monde, inconscient de la bonne humeur qui m'éclairait dix secondes auparavant. L'instant d'après j'ai la force de commencer l'escalade, confiant en l'issue de l'épreuve, mais conscient que quelques minutes suffiront à changer la donne, le décors et le personnage. Je marche dans un jeu dont le plateau et les règles changent à chaque instant, l'horloge est déréglée.

Je suis le gars sérieux et rangé qui travaille et apprécie le calme des soirées. Je suis le provincial qui aimerait sa maison sa voiture son mari et son chien. Je suis le Parisien avide de sorties et de culture. Je suis le pédé méprisant et hautain, et aussi son contraire. Je suis le serial-fucker qui traîne dans les saunas plus qu'il ne convient. Je suis l'éternel romantique qui rêve du grand coup de foudre. Je suis l'ami qui veut les soirées folles, l'alcool et les rires. Je suis tous ceux là, j'en suis encore tant d'autres. Je ne sais pas s'il faut choisir, je ne sais pas si l'on peut vivre cent vies à la fois.

Tout ce que je sais c'est que chaque journée passée à ne pas les vivre à fond m'éloigne un peu plus du but, quel qu'il soit.
Tout ce que je sais c'est que si aucune direction ne semble être la bonne, c'est peut-être qu'il ne faut pas chercher, et simplement avancer tout droit.

  • De : mél le 23-03-2009 à 22:20
  • Je n'aurais pas dit mieux, en adaptant certains passages à ma sauce ;-) bisous Henrisson
  • De : matorif le 26-03-2009 à 17:51
  • Sois sûr d'une chose, tu sais encore écrire. Ce billet est superbe
  • De : Arthur le 27-03-2009 à 16:16
  • Tout pareil que Matorif :)
  • De : Jonathan D. le 01-04-2009 à 14:51
  • Tout pareil qu'Arthur :)
  • De : atomicjonas le 06-04-2009 à 20:27
  • Il faut laisser les étiquettes de côté et se donner le droit d'avoir plusieurs désirs et les sentiment partagés qui viennent avec, même s'ils ne sont pas a priori compatibles. Courage! Et oui, beau billet ;)
  • De : Nicolas Bleusher le 25-04-2009 à 09:32
  • On se dissout dans l'inconstance...
Laisser un commentaire

Dans la vie des autres

Le 03-02-2009 à 22:01

Arc en ciel

Impossible de dormir. Un coup d'œil sur le cadran indique exactement 3 minutes plus tard que lors du précédent coup d'œil, pour la vingtième fois peut-être. Elle se lève donc, allume dans le salon une lampe simplement posée par terre, une qui n'éclaire pas trop fort, d'une lumière pâle sur la moquette beige. Dans un coin elle se love dans une couverture, les doigts serrés autour d'une tasse de thé chaud. Dehors à cette heure-ci tout est calme. Elle aime cette petite mise en scène, ça la rassure. Ça la projette dans la tête d'une autre, elle se transforme pour quelques instants en une femme qui dans la journée a ce même calme au fond la tête. La nuit, c'est l'occasion de devenir toutes celles qu'elle n'est pas, au moins dans un demi rêve. Et dans la pénombre, avec son mug dans la main, on pourrait être l'hiver en soirée, et non pas dans cette espèce de mi-saison qui occupe ses pensées depuis trop longtemps déjà, qui sera de retour demain matin.

La nuit c'est l'occasion d'être unique, seule debout dans la grande ville qui dort. La nuit, c'est une vraie personnalité, elle se sent exister. Trop ensommeillée pour lire, trop troublée pour dormir, elle attend que la nuit passe, les yeux grands ouverts, nichée dans la pénombre. La nuit parfois c'est le moment de vivre l'angoisse, sans aucune raison, qui aura disparu à la levée du jour, qui semblera irréelle , illogique, presque comme un souvenir inventé.

Bien qu'elle en aurait rapidement le réflexe, elle n'allume pas l'ordinateur. Une liste de contact vide, les amis absorbés dans le vide, c'est une vue qu'elle ne pourrait pas supporter, ça ferait beaucoup de bruit dans sa tête là. Et bien qu'elle ait des tas de choses à écrire, à lire, à faire, elle n'en fait rien. A quoi bon, personne n'est debout ? Rien de ce qu'on fait n'est réel lorsque les gens dorment. La journée, impossible de se consacrer à tout ça, il faut parler aux gens, être à l'écoute, à l'affût, attendre les message, exister aux yeux du monde. La nuit, impossible de s'y mettre, il n'y a personne.

Et lentement elle contemple l'heure qui avance et le jour qui se lève, qui ramène progressivement ses amis à la vie. Le stress ordinaire peut commencer, les voitures qui peu à peu circulent à nouveau, les gens qui se bousculent à nouveau sur les trottoirs, le chat qui lui aussi s'y met, et se frotte à elle, réclame. C'est la routine de la journée qui commence, avec des poches sous les yeux, avec déjà le compte à rebours terrible vers la prochaine nuit, qui apportera sans doute son lot d'angoisses, neuves et fraîches, et peut-être un peu de repos aussi.

C'est samedi, et lorsqu'elle se réveille après avoir finalement sombré, les errances de son esprit nocturne semblent bien loin, irréelles, comme prévu, et c'est comme une vie nouvelle qui commence, et avec elle l'espoir de nuits sans cauchemar. Chaque Week-end. Chaque nuit. Ça la fait sourire.

  • De : TacTac le 03-02-2009 à 23:28
  • Il est bien ce texte. Dors bien cette nuit mon grand et tu sais que tu peux appeler en pleine nuit si ça va pas. Je me rendors vite moi. :)
Laisser un commentaire

En passant

Le 20-12-2008 à 00:25

Cappuccino

Dis moi un peu pourquoi depuis toi il y a les échecs, les tentatives avortées, les histoires qui ne collent pas, les déceptions amères. Dis moi comment, après des années tu t'invites encore dans mes pensées les quelques soirs de tristesse, et les matins difficiles.

Dis moi aussi pourquoi je n'arrive plus à pleurer quand quelques larmes feraient un ménage salvateur.

Dis moi pourquoi parfois j'ai envie de crier fort, transporté par une rage que rien ne saurait justifier dans ma petite vie privilégiée à l'abri de tout.

Dis moi aussi lorsque parfois je ne peux dormir, les poumons comme battus par un rythme insoutenable de caféine et d'angoisse, comme je croyais ne plus avoir à affronter, si l'image de tes mains vient pour m'apaiser ou plutôt pour m'achever.

Dis moi pourquoi même l'alcool et la musique comme on ne peut l'imaginer plus forte, noyée dans les lumières et les corps ne parviennent à me faire m'oublier, ne serait-ce qu'une heure, et que je reste conscient, stressé, dans le contrôle et la pensée.

Dis moi pourquoi depuis que je ne t'ai pas vu, les garçons se divisent en deux catégories, ceux qui te ressemblent et ceux qui ne m'intéressent pas.

Dis moi enfin si parfois, même juste un instant dans les moments de bonheur, de solitude ou de détresse, tu as une petite pensée pour moi.

  • De : Nicolas Bleusher le 10-01-2009 à 12:10
  • Il y a des pages qu'il faut savoir tourner faute de se faire enfermer sous elles...
Laisser un commentaire

http://henrisson.net/ - henri (at) henrisson.net