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Pour la dernière

Le 04-07-2006 à 22:37

Balançoire de bois et de corde

Il allait en boite comme on va a la messe, ivre d'appartenir à cette secte futile : celle qui joue pendant que les autres dorment.

J'avais en quelques semaines pris l'habitude de répondre que "rien ne va mal", laissant en évidence que rien n'allait bien.

Le mois de juillet tant attendu est arrivé, synonyme souvent de rythme plus calme, d'atmosphère plus posée, la frénésie reviendra à l'automne, accueillie avec plaisir comme signe du recommencement, et de la nouveauté. D'ici là, deux mois où l'on peut mieux se consacrer à ceux qui restent, où l'on prend plus le temps de vivre, deux moi qui collent finalement assez bien au cliché porté par le simple mot "été".

Le taxi me ramène, le jour est en train de se lever, j'ai sommeil. Paris en ce lendemain de victoire sportive ressemble à un champ de bataille, les détritus jonchent le sol de nombreuses rues, des groupes vêtus de maillots officiels crient encore leur victoire, huit heures après son avènement. Je n'ai pas pris part à cette fête là, mais je l'ai vue, en partie.

Il fait déjà chaud, il fait déjà clair, et épuisé, je n'ai aucune envie de me coucher. Pour la "dernière de la saison", nous avons remué nos corps. Pour la "dernière de la saison" nous avons laissé le rythme des basses commander nos mouvements, j'ai dansé à loisir. Et pour une fois, alors que nous dansions, un peu plus proches, le regard un peu plus fixe entre nous, nous avons osé nous parler. Ce n'est pas bestial, ce n'est pas immédiat, nous sommes repartis nous avons marché, et nous avons trouvé un banc; et nous avons parlé.

Le taxi me ramène, parce que la fatigue a eu raison de moi.

J'avais pris en quelques semaines l'habitude de dire que "rien ne va mal"; en fait c'est parce que tout va bien.

  • De : Vivi le 25-07-2006 à 17:07
  • Juste... c'est exactement ça !
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